Le Risque de Divorce avec le Sénégal - Dakar Média Sénégal

Le Risque de Divorce avec le Sénégal

La Logique de la « France d’Emmanuel Macron » et le Risque de Divorce avec le Sénégal

La politique étrangère de la France sous la présidence d’Emmanuel Macron semble naviguer sur des eaux tumultueuses, particulièrement en Afrique. Une série d’échecs au Mali, au Burkina Faso, au Niger, et des relations tendues avec l’Algérie ont créé un contexte diplomatique complexe. Cependant, le prochain épisode potentiel de cette saga pourrait être le plus dommageable : le risque imminent de perdre le Sénégal comme allié.

Le président Macky Sall est actuellement au cœur d’une impopularité grandissante au sein de la population sénégalaise. Une antipathie si profonde que toute association avec lui est largement désapprouvée de manière unanime. Dans ce contexte, la France, pourtant consciente des échecs passés en Afrique, semble prête à commettre une grave erreur en soutenant un candidat, Amadou Billo Bah, étroitement lié au gouvernement de Macky Sall.

La première faille dans cette stratégie réside dans la nationalité même d’Amadou Billo Bah, qui n’est pas né au Sénégal. Cela soulève des questions fondamentales quant à son éligibilité, et si le conseil constitutionnel fait son travail correctement, il pourrait être disqualifié dès le départ. La population sénégalaise, déjà méfiante à l’égard de toute personne associée à Macky Sall, pourrait interpréter le soutien français à un tel candidat comme une ingérence extérieure inacceptable.

La logique derrière le soutien de la France à Amadou Billo Bah est d’autant plus déconcertante lorsqu’on considère la profonde impopularité du président Macky Sall. La France semble ignorer le fait que tout candidat affilié à Sall risque de subir un rejet massif lors des élections de février 2024. Les Sénégalais, désireux de tourner la page après des années de mécontentement, ne semblent pas prêts à soutenir qui que ce soit lié au régime actuel.

La France, en soutenant un candidat potentiellement voué à l’échec, prend le risque de perdre le peu de crédibilité diplomatique qu’il lui reste au Sénégal. Si les élections sont perçues comme manipulées ou truquées, cela pourrait non seulement ternir l’image de la France en tant que championne des droits démocratiques mais également compromettre ses relations futures avec le peuple sénégalais.

De plus, la situation au Sénégal ne peut être analysée en vase clos. Les alliances régionales, notamment l’alliance Sahel, forment une toile complexe de relations internationales. Soutenir un candidat impopulaire pourrait potentiellement affaiblir la position de la France dans ces alliances et accroître l’influence de concurrents tels que Vladimir Poutine et Vagner.

En conclusion, la France d’Emmanuel Macron semble négliger les leçons de ses échecs passés en Afrique en persistant à soutenir des candidats affiliés à des gouvernements impopulaires. Le risque imminent de perdre le Sénégal comme allié devrait inciter la France à reconsidérer sa stratégie politique en Afrique. Si elle continue sur cette voie, elle court le danger de compromettre ses intérêts diplomatiques et stratégiques dans la région.